Un blog culte dans mon appartement
"Ad", le dernier opus des Gumnha's Banana, le groupe d'Andrew Screwdriver, vient de garer ses sillons dans votre FNAC la plus proche. Les auteurs de No Way to Say Shoehorn récidivent pour l'incommensurable bonheur des oreilles de leurs millions de fans. Devenu aussi orgueilleux qu'Oasis, les Australiens nous livrent seize comptines rivalisant d'héroïsme, croustillant sandwich mêlant gourmandise vocale et assaisonnement rythmique.
"It's so exciting for me to be working with phlegmatic sausage", a déclaré l'artiste lors d'une gigantesque conférence de presse organisée dans la chambre à coucher d'Alain Madelin. "France is such a hairy country.", précisa-t-il, avant d'ajouter, répondant à une question de la journaliste de Bilto Régine Debanane : "I know the time will come. That's why i don't make boogie-woogie before doing my evening prayer."
Pour la première fois de leur carrière, à la grande surprise des écouteurs, les Gumnha's Banana se mettent à chanter. Si ce choix téméraire déconcerte au début, en raison de la voix criarde et ingrate d'Andrew Screwdriver, on s'habitue rapidement au bout d'une douzaine d'écoutes attaché à une chaise par une corde de marin.
C'est avec malice qu'on se surprend à chantonner les seize morceaux d'Ad, comme autant de reprises décoiffantes ayant trait à la société de consommation qu'Andrew Screwdriver se plait à brocarder. "I will do you do you Saint-Tropez", avait-il prévenu ses admirateurs, sur son site perso. On aurait tendance à le croire, tellement il prend un malin plaisir à jouer de subversion. Le second degré prend tout son sens quand, au détour d'un riff hasardeux du bassiste, il entame pour la 73ème fois l'unique phrase du single de l'album, William Saurin, salade gourmande, provençale ou au poulet.
Rapidement, les Gumnha's Banana s'accordent sur la marche à suivre, et procèdent de la même façon pour les quinze morceaux suivants : assimilation du refrain, appropriation de l'univers, interprétation du produit. On apprécie ainsi particulièrement le clip de Du Leerdammer, ou je fais un malheur où Andrew Screwdriver, déguisé en fromage, se retrouve poursuivi par les autres membres du quatuor sur une nappe à carreaux de pique-nique géante sensée représenter le continent nord-américain. Le ton est donné.
Le disque en déroutera certains, mais ne laissera pas indifférent ceux qui n'auront pas eu le cran de l'écouter.
Les titres de l'album :
1 : William Saurin, salade gourmande, provençale ou au poulet
2 : Va donc, va donc chez Speedy, Speedy !
3: On va fluncher ! Faites-vous plaisir, mangez équilibré
4: On se lève tous pour Danette, Danette, Danette
5: Si Juvabien, c'est Juvamine
6: Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Géant Vert
7: Du Leerdammer, ou je fais un malheur
8: Jouez à Destin, pour changer de vie
9: Quand je bois Contrex, je me sens bien
10: Une baguette Baguépi, elle est cuite dans mon fournil, oui oui oui oui !
11: 118 218, 118 218, 118 218, 118 218
12: Nana Invisible Ultra technologie Securefit
13: Zéro tracas, zéro blabla, MMA
14: Maggi, Maggi, et vos idées ont du génie
15: Action Man, le plus grand de tous les héros
16: Il vient toujours au bon moment, avec ses pains et ses croissants, l'ami du petit déjeuner, l'ami Ricoré.