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L'arroseur arrosé


Notre spécialiste cinéma Gérard Crobard, en expédition dans le Cantal pour les besoins d’un tournage (l’anniversaire de son petit cousin Cédric), a trouvé dans un grenier familial un chef-d’œuvre du 7ème art : l’Arroseur arrosé.
 
Pas la version pitoyablement comique de Louis Lumière soi-disant tournée en 1895, non : celle de Jean-Louis Yaourt, réalisée en 1892.
La similitude des titres entrevoit le doute : y a-t-il eu usurpation de la part de Louis Lumière ? L’opus de Jean-Louis Yaourt, de trois ans son aîné, contient déjà les ingrédients qui ont fait le succès de l’homme au tuyau farceur : du rire, de l’émotion, un jeu d’acteur époustouflant. Rendons à Jean-Louis Yaourt ce qui appartenait à Louis Lumière : la paternité du premier court-métrage français de l’histoire du cinéma.
 
Né en 1864 au Havre dans une famille protestante spécialisée dans l’industrialisation de bouts de bois, Jean-Louis Yaourt travaille un temps dans l'entreprise de son père avant de partir pour Singapour à cause d’un pari malheureux. Trois ans plus tard il rentre en France en remontant le Rhône en pirogue : il s’installe alors à Paris, près du Théâtre Bob Hazam où jouent alors les plus grandes troupes. En 1887 il s’achète un poster représentant une femme assis sur un parpaing et l’affiche dans sa chambre de bonne : c’est l’acte fondateur de L’arroseur arrosé - bien qu’on ignore pourquoi (les dictionnaires sur le cinéma restent vagues sur le sujet, certains omettent même l’anecdote).
En 1888, à l’occasion de la fête du pain d’épice tranché, Jean-Louis Yaourt s’achète un cinématographe. Il ne parvient à faire fonctionner l’appareil qu’en 1892, après plusieurs tâtonnements – les notices, à l’époque, n’avaient pas encore été inventées. Il fonde alors sa propre société de production et projette, seul, dans son garage, des interminables scènes de murs immobiles qui n’intéressent personne. Au chômage et désireux d’épater une certaine Julie, qu’il convoite ardemment, il se met alors en tête de réaliser un film. L’appât du gain et de la notoriété le pousse finalement, en mars 1892, à tourner L’arroseur arrosé. Hélas Julie meurt une semaine plus tard et Jean-Louis Yaourt, déprimé, range alors sa création dans la cave de son appartement parisien.
Après de nombreuses autres désillusions sentimentales et quelques courts-métrages supplémentaires (« Mon copain Rex », « Pique-nique de juillet », « Ouvre la bouche et tais-toi »), il s’y suicide en 1894 en inhalant Daniel Balavoine. La première personne qui constate l’odeur nauséabonde du cadavre en putréfaction dans l’immeuble est un voisin lui aussi implantée dans le milieu du cinéma : Louis Lumière. On connaît la suite…
 
L’arroseur Arrosé, de Jean-Louis Yaourt :

 
 
 
 
P.S : Un grand merci à Crobard pour avoir trifouillé les bobines du film afin de rajouter l’adresse de mon Blog. Du bon boulot, Gégé.
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M
L'arrière gout a été enlevée au montage
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T
Très fruité mais il manque cet arrière gout de poivron rouge que nous adorons tous
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M
Qd j'étais enfant je croyais que "La guerre du feu" était le premier film de l'histoire ! mdr(je croyais aussi que E.T et Alf existaient variment) mdr !
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K
Ah j'aime beaucoup la fin ouverte, ça laisse esperer une suite.
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N
Jean-Louis Yaourt, c'est David Lynch !
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