Abandonnons un instant le séisme freluquet des Guadeloupéens pour se concentrer sur la catastrophe surnaturelle qui a touchée Myblack récemment : une critique d'un lecteur mécontent.
Pour tenter de comprendre les raisons d'un tel camouflet, une rencontre, un face à face a été organisé autour de cet article, "Coeur à vendre". Un billet jugé également "médiocre" par le reste de la rédaction, désolidarisée de son manitou.
Dans l'obligation contractuelle de publier au moins trente machins par mois, Myblack, mettant à profit son indépendance éditoriale stalinienne, a pourtant décidé de passer à l’acte. En insérant les remarques et annotations du fameux lecteur dans le corps de "Coeur à vendre", en toute transparence, en rouge.
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Je crois que la caissière m’aime bien. [introduction classique suscitant moyennement l’éveil]
Je prends son amour pour argent comptant. Et du coup, je le suis aussi. [jeu de mot facile probablement pompé sur un autre blog]
Ses sourires sont multiples [de combien ?] quand je lui rends visite. Même dépeigné, même fagoté, même sale et hirsute, [succession maladroite d’adjectifs peu transcendants] sa caisse m’enregistre [tentative de blague tombant à plat]. Toujours le mot attentionné, le « bonjour » poli, quelque soit la note – que je paye toujours, gentleman. Elle sait où me trouver, connaît mes goûts les plus secrets, [préliminaire d’une évocation de la sodomie ?] mes marques de beurres préférées ; lorsque je paye en liquide, cela semble l’exciter [gag correct, bien qu’ultra-prévisible]. Tant mieux : je ne supporte pas les chèques, en amour. [abus de Laurent Ruquier]
Nous avions rendez-vous hier, enfin surtout moi. [et alors ?] J’avais de la monnaie à revendre, d’énormes quantités [combien exactement ? Problème apparent avec les mathématiques] de pièces de dix centimètres carré [doit-on rire ?]. Il faisait matin, environ soleil moins le quart [et ça se dit littéraire ?], mon SDF préféré attendait posté près du banc de la longue rue menant à Attac. [phrase beaucoup trop longue]
Attac est un [comme le métal ?] supermarché spécialisé en tout : gaufres, rasoirs, sucres, chocolats. [et ta sœur ?] Y a sûrement des légumes, aussi, mais j’ai pas encore eu l’occasion de vérifier. [Difficile à comprendre : il ne mange pas de légumes ? Ou compare-t-il les clients à des légumes ? Problème évident de cohésion du récit] On y trouve également des caissières. Les caissières sont majoritairement jeunes, pour forcer à acheter. [rien de neuf. C’était censé être une dénonciation de la société de consommation ?]
Mon SDF préféré est un SDF spécialisé dans les bancs [Tiens. C’est reparti] et les entrées de supermarchés [une blague avec entrée/supermarché/nourritures était possible, dommage], ce qui est tactiquement bien pensé car après les courses les gens ont toujours des pièces qui ne servent à rien. Il présente l’avantage d’être silencieux et souriant ; ainsi, je lui donne souvent un peu de flouze pour qu’il continue à l’être en me voyant. [Bordel mais on s’en branle ! On s’en branle !] Il est barbu mais pas négligé, c’est un SDF de luxe, qui mérite mieux que sa situation. Il est blanc, surtout. [+1]
Quant au banc, il n’a rien de spécial, c’est juste un banc. Qui est blanc, aussi. [du moment que c’est pas un banc boula]
Nous avions rendez-vous hier, comme tant d’autres. Ma caissière a beaucoup d’amoureux. [Ouais bah c’est une fille, quoi] Nous sommes généralement six ou sept [indécision coupable révélant une faiblesse scénaristique et un affadissement général de la lecture] à l’attendre, avec nos paniers rouges à une anse – assez laids au demeurant [comme ton père]. Notre queue [oui ?] frétille à chaque fois qu’elle dit « suivant », et nous passons à l’acte, nous posons nos achats [Roger, un muscadet]. Ses collègues du magasin, qui sont beaucoup moins belles, paraissent l’envier. [en parlant d’envier, il est tout sale le mien, y a des poils coincés dans le siphon]
Je connais même son nom : Emilie. C’est marqué sur sa veste blanche.
Elle s’absente le jeudi [et moi le mercredi j’ai ping-pong]: j’en profite pour prendre les choses humiliantes, comme les rouleaux de papiers hygiéniques ou le pâté en croûte [ou la lecture de ce blog]. La dernière fois que je lui ai offert [bon c’est pas tout ça mais je vais devant la téloche, moi] du pâté en croûte, à notre 73ème rendez-vous, elle n’avait pas semblé emballée. Depuis, je fais attention : j’achète régulièrement des couches pour bébé (car ça les attendrit, les bébés) ou des boîtes de ravioli par dizaines (pour bien montrer à ma belle que je suis célibataire). Souvent, parmi mes achats, [il a toujours pas fini ?] je glisse un paquet de chocolat. Les femmes aiment ça, le chocolat. Ou des fleurs, quand ils en vendent à l’entrée, parfois. [bon bah t’as envie de baiser, quoi, dis le clairement au lieu de tourner autour du pot]
Parfois elle semble distante, se contente de danser du code-barres sans m’adresser un regard. Elle ne veut probablement pas complexer ses autres clients, qui n’ont pas ma chance.
Je crois que j’ai un ticket avec elle. 37 euros. [Tu ferais mieux d'aller au bois de Boulogne, en plus t'es à côté]