C’est par l’étourdissante victoire du norvégien Svetlanarine que les 18ème championnats du monde de la blague pas drôle se sont conclus, hier, dans l’indiscrétion générale des faubourgs de Brisbane (Australie). Organisé par le site du Galuchat, ils ont mis à l’œuvre, oh baby baby how was I supposed to know, deux semaines durant, les plus minables humoristes de la planète.
L’accession à la victoire fut aussi pentue que les jeux de mots approximatifs : le triomphe de Svetlanarine, modeste vendeur de hachis parmentier, n’en est que plus beau.
On pourrait ergoter des heures sur les conditions de son exploit (rappelons que les 64 participants devaient obligatoirement concourir en tuba et étaient jugés par un enfant de 5 ans atteint de leucémie), mais le parcours du scandinave fut l’un des moins médiocres de tous, selon la presse locale qui lui a généreusement consacré un encart de deux phrases dans son édition d'aujourd'hui.
Après avoir facilement écarté le letton Osjters avec la blague des belges et du chocolat (« Pourquoi les belges ont-ils des bras ? Hein ? Ben parce qu’ils ont du chocolat ! HAHAHA ! », Svetlanarine a enchaîné immédiatement sur celle du chameau recherchant une voiture (« Hé, hé, pff… attendez j’en ai une, c’est un chameau pff… un chameau qui recherche une voiture et lol, pff… sa voiture elle est cabossée ! », éliminant par la même occasion le croate Kajric, dont le père collectionne les recharges de Sagem MyX2 (cela a-t-il influencé le jury ? Nous ne le saurons hélas jamais).
Devenu, dès les 8ème de finale, l’incontestable favori du tournoi, Svetlanarine s’est quelque peu relâché avec l’histoire du rugbymen qui mange trop vite (« Alors c’est un joueur de rugby qui mange un cassoulet, et puis oh putain haha je suis déjà écroulé il se met à toussoter et à se sentir mal pff… et là le serveur lui demande, lol accroche toi, tu sais ce qu’il lui arrive, au rugbymen, non ? Bah il ovale de travers ! ». Un excès de suffisance, probablement, qui ne l’a toutefois pas contrarié dans sa course à la première place (la blague de son adversaire sur le gorille commandant un café ayant été jugée trop illicite).
Le reste des affrontements sentait vraiment le réchauffé : quelques rodomontades superflues, des quintuples monsieur et madame, des à-peu-près malheureux qui ont émaillé la scène le mardi, le mercredi et le vendredi (pas le jeudi, y avait piscine).
Sous un soleil de plomb, la lourdeur de l’humour ne faiblissait pas au moment où Svetlanarine entamait son quart de finale par un imparable « C'est l'histoire d'un zèbre angoissé qui, putain mais où je vais trouver ça, moi, pff… pour stationner en toute légalité, s'achète un disque..... et là, attention, ça va être drôle… un disque... Pff… rayé... ». Passant sa demi-finale du samedi sans encombre (« Vous connaissez l’histoire de Pierre Noir ? Alors c’est l’histoire d’un mecque… Hahaha ! », il s’est finalement heurté le lendemain à l’adversité de l’italien Bergomio et de son humour grinçant « C’est un juif qui tombe dans un trou. Et il se fait mal. Lol. ».
Mais, talent inné des champions, le nordique a sorti le grand jeu au moment opportun. Là où ses fans l’attendaient, près du micro, sur l’estrade. La blague la moins drôle de l’année, au dernier essai : la marque des grands, assurément.
« C’est l’histoire de Olivier, wahaha oui ça par fort, Olivier à la place de Toto fallait déjà trouver mais attend, pff, c’est encore plus drôle après qui entre à la papeterie lol ouais je sais fallait y penser et il dit « bonjour monsieur je voudrais la listes des fournitures indiquées sur ce papier s’il vous plait » et l’autre con, pff… lui répond « voilà Olivier, cela fera 9 euros et 50 centimes », et Olivier lui réplique car on le lui la fait pas, à Olivier, il répond « J’ai un billet de 50 euros, je n’ai pas plus petit » pff… pas plus petit mais où va-t-il chercher tout ça non mais chut attends c’est pas fini » et le gars fait alors « Mais ce n'est pas grave, Olivier, je te rends 40 euros et 50 centimes », le truc énorme pfff… il sait même pas compter le mec wouaaaha… heu ?... 10+10+10… hem bon… et Toto rétorque « merci monsieur le papetier, au revoir », lol mais merde quoi papetier, ça existe pas ça, papetier, wouaahhaha j’m’pisse dessus papetier non mais n’importe quoi et le papetier répond « au revoir Olivier ». »
Silence pesant, indicible prémisse des lauriers ; les spectateurs décomposés, ne sachant dans quel sac plastique se cacher. Svetlanarine a rapidement capté l’intitulé de la situation, enregistré le visage grave du petit leucémique. Il avait gagné l’épreuve, au nez et à la barbe des éclats de rire.
L’an prochain il remettra son titre en jeu, sans se douter du challenge qui l’attend. Un challenge écussonné Myblack, le grand Myblack, l’étalon-or de l’hilarité (Clinton).
Seul obstacle : les blagues de Myblack sont toutes drôles.
Il a donc décidé de faire appel à ses lecteurs les plus médiocres pour lui glisser dans les esgourdes quatre ou cinq plaisanteries lamentables.
Ne le décevez pas.
Un livreur de pizzeria justifiant son honorable fonction dans mon appartement vient de m’avertir qu’une citation de Britney Spears s’est malencontreusement glissée dans mon introduction. Ayant déjà lancé les rotatives, je n’ai pu l’enlever à temps. Veuillez recevoir mes excuses les plus plates (au gratin) et accepter en contrepartie quelques grammes de C. Jérôme :
Tu n’as jamais dansé
Aussi bien que ce soir
Je regarde briller
Tes cheveux blonds dans le noir
Tu n’as jamais souri
Si tendrement, je crois
Tu es la plus jolie
Tu ne me regardes pas
Et tu danses avec lui
La tête sur son épaule
Tu fermes un peu les yeux
C’est ton plus mauvais rôle.
Je crois que j’ai craqué.