Le conte présidentiel se poursuit ; ses protagonistes en font l'histoire. Qui du lutin Sarkozy, de la princesse Royal ou de l’ogre Jean-Marie apposera sa patte sur le château élyséen ? Qui fermera le livre, permettant ainsi à tous d’aller dormir, à tous d’oublier 6 mois de petites phrases, de manichéisme oiseux, de sondages alternatifs ? Nicolas ou Pimprenelle ?
Si François Bayrou n'est qu'une mode, un POG, d'autres participants - pour l'instant méconnus - aiguisent leurs lames dans l'obscurité des urnes. Derrière les troisièmes couteaux. Ceux qu’on n’évoque pas. Ceux qu’on a oublié d’évoquer. Les petits candidats, apparemment ridicules, qui pourraient contre toute attente détourner les votes, braquer le scrutin en semant zizanie et confusion le soir du premier tour.
Raymond Bounaffou se présente comme le rassembleur des numismates énervés par les malheurs de la vie quotidienne. Cet ancien vendeur de sandwich promet, en cas de victoire, la fin des tartines beurrées qui tombent du mauvais côté, l’interdiction aux personnes âgées de doubler les autres à la caisse et l’abolition de la question « Est-ce que ça va ? », jugée hypocrite. Sa proposition de prohiber le port de la moustache de 15 heures à 16 heures 30 suscite néanmoins des controverses.
Le facteur sonne toujours deux fois avec Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR. Auréolé de ses 4,25 % de 2002, il avait été désigné en parti responsable de la crevaison de Jospin sur le bord de la route menant au second tour. Reste à s’assurer maintenant que son visage poupon, son bagou et ses vestes en cuir seront suffisants pour détenir les tant recherchées 500 signatures.
Claude Jardy, 57 ans, président du PUF (Parti des Utopistes Français), peut s’appuyer sur le soutien sans faille de Miss France 2007. En effet, son programme basé sur « la fin des guerres dans le monde, l’emploi à vie pour tous et le respect universel des droits de l’homme » suscite l’enthousiasme chez bon nombre d’électeurs crédules et politiquement incultes.
Germain Chabichou, 61 ans, se situe à l'extrême-droite de l'extrême-droite. Qualifiant Jean-Marie Le Pen "de petit joueur", il prône la réouverture des chambres à gaz dans les banlieus et l'inflation des bavures policières. Pratiquant la censure, la délation à outrance, il envisage un pacte d'acier avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad pour en finir avec Israël. Les prises de positions tranchées (il a récemment qualifié le continent Africain de "Balai à Chiotte", et Mimi Mathy de "Petite naine de merde") sont sa marque de fabrique. On dénombre dans son comité de soutien la présence de Pascal Sevran et, plus surprenant, celles de Jamy Gourmand et d'Alexandre Delpérier. Lucette Vivier n’a pas d’étiquette politique. Elle a été désignée candidate à cause d’une mauvaise blague de son petit-fils, qui l’a inscrite contre son gré. Pourtant, elle dispose de 894 signatures de maires rieurs appréciant la cocasserie de sa démarche. Depuis, elle boude, et attend le verdict des isoloirs (elle serait créditée de 16%, étant soutenue par des électeurs plaisantins).
Marguerite Typron, 38 ans, présidente de l'UFR (Union des féministes révolutionnaires). Souhaitant rompre avec la société machiste actuelle, Marguerite propose d'installer la parité, à hauteur de 80% pour les femmes. Castration, retour des maisons closes (pour dame), abrogation du football et de Cauet : des mesures qui se heurtent à l'opposition farouche du MMMMMMMMM (Mouvement des machistes mécaniciens majoritairement musclés massivement membrés méchamment mécontents)
Enfin, Bernard Mouchardier a choisi d’apparaître comme le représentant de ceux qui s’abstiendront le soir du premier tour. Ainsi, avec 28% d’abstention en 2002, il aurait tranquillement accédé au duel final, et espère pour 2007 que ceux qui le soutiennent n’iront pas voter pour lui, afin d’être élu. Le conseil constitutionnel délibère actuellement sur la légalité de cette candidature.