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Un blog culte dans mon appartement

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Nobert Choumier s'expose

 

10 déjà qu'il s'en est allé, ce vieux croûton. Et pourtant, c'est comme s'il n'était jamais parti. "L'exposition Norbert Choumier" (du 9 au 29 mai au musée Maillol) retrace la vie du grand peintre, de ces débuts jusqu'à sa mort, cette sinistre matinée de 1991 où, au volant de sa volvo, il heurta de plein fouet un platane conduisant sans permis.

Présentant plus d'une centaine d'oeuvres et un film retraçant la vie de l'artiste, l'expo a reçu l'aval de Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la Culture. Innovateur à la fois dans le fond et la forme, la technique picturale de Norbert Choumier a traversé le XXème siècle comme un ouragan d'inspiration pour les peintres du XXIème.

 "Alors que le festival de Cannes s'apprête à nous les briser, l'exposition Norbert Choumier est l'occasion d'accéder à un peu de culture à moindre frais. Faites pas gaffe aux lignes écrites en petit sous ma photo, elle vient du ministère. Bon, et sinon j'ai perdu mon écharpe. Quelqu'un l'aurait-il aperçue ? Non ? Une écharpe blanche. Non ? Bon, tant pis." 

Pour ceux qui n'auraient pas la chance (?) d'habiter Paris, je vous propose les plus grands tableaux de l'artiste.

 

Période crayon de couleur

 "Le cavalier de l'aube", 1936

 

Nobert n'a que 17 ans quand il réalise cette peinture, et, si sa technique est encore perfectible, les prémisses du talent commençent à germer. Dans ce tableau, l'artiste exprime, par la juxtaposition du soleil et de l'ouvrier, l'efferversce autour de la création des congés payés par le Front populaire. Choumier fait preuve d'une authenticité poignante : le soleil est jaune, la cravate se porte attachée au cou, l'homme possède deux paires de membres, le fond blanc métaphorisant l'inconnue, la découverte du bonheur attendant le badaud. Quant au baton jaune situé en bas à gauche, d'aucuns y ont vu une allégorie du gouvernement de Léon Blum, d'autres la route du sud menant aux douces plages de Méditerranée. Nobert Choumier révéla le secret fin 86 : il avait simplement dérapé en dessinant le soleil.

Début 37, l'apprenti peintre élabore plusieurs toiles monochromes sur plusieurs thèmes de prédilections : la mort, la souffrance, l'abîme de l'être, la soupe à l'oignon. Il se cherche, se trouve à moitié, s'essaye à plusieurs arts. Le courant surréaliste l'attire. Il sculpte un portrait de Philippe Seguin à l'aide de cotons de cotons-tiges, chose d'autant plus remarquable qu'à l'époque Philippe Seguin n'est pas encore né. Fin 1937, il met en scène, au Théâtre de l'éclopée, une pièce intitulée "Anthropophagie du sèche-cheveux", qui ne rencontre qu'un frêle succès d'estime. Pas découragé pour un sou, le 29 septembre 1938, en pleine conférence de Munich, Norbert Choumier fait caca du haut de la Tour Eiffel : la performance est jugée un peu trop avant-gardiste pour l'époque.

 

Période Jaune

D'une notoriété encore peu évidente (les chroniqueurs de salon préfèrent l'éviter), Norbert Choumier profite de la guerre naissante pour acquérir un peu de gloire. Il immortalise, sur des toiles de chanvres, des exécutions de résistants, à la peinture à l'huile. Sans aucune expérience, il est nommé en 1940 directeur du Musée du Louvres et sympathise avec les tenants de l'impressionisme allemand : il peint ainsi plusieurs tableaux pour Goring, grand amateur de cadres.

 "Nègre fermant les yeux la nuit dans un tunnel", 1941.

 "Rafle de Juif", 1942

 "Scène d'angoisse de l'ananas", 1943

 

Hélas, la guerre stoppe son ascension. Mis au banc par la société française, il s'exile alors à Limoges et commence sa période dite "alimentaire". Les premières semaines sont difficiles : plusieurs fois il songe à devenir ébéniste. Et puis, progressivement, il revient à ses amours de jeunesse. Il exerce son art avec ferveur et devient la coqueluche de plusieurs célébrités du sud de la France. Ainsi, en 1953, il peint les volets de Fernandel. Un travail unanimement salué par le comédien, qui le conseille alors à son ami Marcel Pagnol : malheureusement, celui-ci n'en a rien à foutre. Norbert Choumier n'abdique pas et s'enferme dans une boîte à biscuit Balzen pour méditer sur l'essence de la peinture. Il étudie Michel-Ange, Raphaël, Le Tintoret et prend confiance de la toute-puissance du style florentin sur l'inspiration romaine. Eclectique, jouant sur la disposition de la lumière, les perspectives, la superposition des couleurs par rapport aux courbes, l'éclatement de l'art africain, les relations entre matière, volume et forme, il prend enfin conscience de son génie.

Revigoré, il loue le 3ème étage d'une Tour Eiffel qu'il connaît si bien et y expose en 1958 son chef d'oeuvre, sa toile "Rond noir sur fond vert".

 C'est un triomphe. Le public est charmé. Invité d'honneur de l'exposition universelle de Bruxelles, il se paye le luxe de comparer Picasso à "un troufion du pinceau, qui peut d'ailleurs se le mettre où je pense". Les critiques sont à ses pieds, Choumier fait ses courses chez Tati, on s'écarte quand il plonge dans le grand bassin de la piscine : il est, inconstablement, à son sommet. Pourtant, Norbert Choumier refuse de s'en arrêter là. "L'artiste doit se remettre en question, toujours, toujours et encore", prévient-il en janvier 1959. Une nouvelle réflexion sur lui-même le pousse à trouver de nouvelles pistes, pour surprendre son auditoire. "Je ne serais pas le Pierre Palmade de la peinture", déclare-t-il en février.

 Finalement, après plusieurs semaines de labeur, il présente en mai 1959 "Fond vert sur rond noir" à Paris. Immense succès pour une oeuvre qui fait rapidement le tour du monde. Norbert Choumier est de nouveau à son apogée (Norbert Choumier est l'un des rares artistes du XXème siècle à avoir connu deux apogées) et commence alors à faire l'amour avec des gens. En se promenant au zoo de Berlin, il y rencontre Rita, une femelle pingouine, qu'il prend pour son doudou d'enfance : de leur union naîtra deux oeufs. Norbert Choumier use de sa célébrité pour apparaître à la télévision : il anime plusieurs jeux. Il peint peu entre 1960 et 1964 : manque de temps, opium, tourbillon de femmes déchaînées, les explications ne manquent pas. C'est d'ailleurs lors d'une partie de Mille bornes, organisée par De Gaulle, qu'il fait la connaissance de Picasso. Enfin sa mère, du moins. Celle-ci devient sa muse : Choumier pénètre alors dans sa période dite "femme à poil".

 

Période femme à poil

fille-nue-2.jpg "Femme nue sur la plage", 1964

Il peint Conchita Picasso, assise sur une plage. Une toile qui, d'emblée, atteint des fortunes. Les raisons sont simples : outre les formes généreuses de maman Picasso, on aperçoit sortant de l'eau Sean Connery, en plein tournage de "James Bond contre Dr. No". De plus, derrière le buisson se cache Georges Pompidou, cherchant des coquillages - c'est du moins sa version des faits.

 "Jeune adolescente les seins à l'air", 1968

Ayant choisi comme modèle sa voisine de palier, Norbert Choumier choisi d'aborder un côté de la femme encore peu exploré à l'époque : le nichon droit. Au bout de 4 ans de travail - et 608 érections -, le peintre clot son ouvrage qui, immédiatement, séduit les intellectuels post-Mai 1968 par son iconoclasme.

 "Grosse cochonne à oualpe au clair de la lune", 1968

Norbert Choumier, encensé par la critique, galvanisé par le succès, conforté par les médias, se lance alors dans un 3ème tableau de femme à poil. Et là, il déborde : sa vision d'Yvonne de Gaulle, la femme du président, choque la France. Charles lui en veut, les critiques littéraires décide de suivre le mouvement. La France ne reconnaît plus son rejeton : de villages en villages, la déception est immense. Choumier ne comprend pas, il déprime. Il devient ébéniste. Heureusement, maman Picasso est là pour le consoler, une nouvelle fois - un peu trop, d'ailleurs, ceci provoquant le divorce avec Rita. Sous les conseils de sa maîtresse, le cubisme le rattrape, pour le plaisir de l'histoire.

 

Période cubique

 Réalisé en 1970, "Lolita, déesse de l'Oural", raconte, par le jeu des formes géométriques et des couleurs, le destin d'une jeune fille déchirée entre l'amour de Sergeï, ouvrier, et la haine de son père, un bureaucrate moscovite alcoolique. 

 S'en suit l'année d'après "Lolita, dieu de l'Oural". Le tableau décrit la vie agitée d'une jeune transexuelle déchirée entre la haine de Sergeï, ouvrier ne comprenant pas ce changement de sexe, et l'amour de son père, un bureaucrate moscovite alcoolique un peu vicelard sur les bords. .

 1974. Choumier relève une nouvelle fois le défi avec "Ivan, prince de Moscou", l'histoire rocambolesque d'un bureaucrate moscovite alcoolique marié à une transexuelle en conflit avec Sergeï, un ouvrier ayant finalement changé d'avis.

 1977. Ecoutant ABBA, Norbert Choumier décide de narrer l'existence de Sergeï, ouvrier en plein trouble d'ordre sexuelle, partagé entre l'amour d'un bureaucrate moscovite bisexuelle polygame et celle de son fils, son ancienne fille en réalité, qui auparavant a changé de sexe enfin en gros. Après la touche de violet finale, le peintre constate qu'il ne comprend plus rien à l'histoire : il intitule alors sa toile "Cuisine Ikea vue d'avion". Le stratagème passe inaperçu.

 

Période Maïté

A la mort de Conchita Picasso, en 1980, Norbert Choumier est seul. Il pisse au lit, plus personne ne vient le voir, sa villa de Carcasonne sonne creuse. A 61 ans, la vieillesse se rappele à son bon souvenir. Choumier s'abonne à Télé-Z et, durant plusieurs années, sa vie s'enlise dans une routine émaillée de ballades forestières et de chat olé-olé sur minitel. Norbert Choumier se lance à plein temps dans cette nouvelle technologie : sous le pseudo de "MarioVampeta35", il y drague les minettes en oubliant la laideur du couloir. La peinture ne se vend plus, on préfère le TOP50, et Norbert passe ainsi les années 80 nu, assis sur une chaise, se tripotant maladroitement son membre fatigué et souffreteux que les quelques photos divulguées par de charmantes hôtesses de charmes ne suffisent pas à réanimer. Pourtant, en 1991, il découvre Maïté. Immédiatement, l'alchimie opère entre ces deux-là et, par amour, Norbert lui confectionne une toile :

 Improbable rencontre entre la mosaïque et la cuisine à l'ail, ce tableau est le dernier de Norbert Choumier. Sa disparition tombe en pleine Guerre du Golfe, et le JT de TF1 ne lui consacre qu'un brève reportage de 6 minutes : injuste. Injuste pour un homme qui, sa vie durant, aura émerveillé un public parfois exigeant. Le public est cruel. Le public est méprisant. "Le public, c'est de la merde", résume Norbert, sur son épitaphe du Père Lachaise, où il repose à côté de Demis Roussos.

 

 

Exposition Norbert Choumier

Du 9 au 29 mai, musée Maillol (Paris)

Entrée interdite aux communistes et aux moins de 13 ans

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S
Vous marquez un point ! Je ne sais pas quoi vous répliquer !Dois-je enlever le haut ?
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M
Ah mais vous n'êtes pas en slip ? La légende urbaine m'aurait menti ? * prend la voix de Richard Virenque", en trempant sa seringue dans son chocolat chaud
S
Choumier confondait-il la droite et la gauche ? Sein droit je veux bien mais alors pkoi nous montrait-il le sein gauche ??
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M
Et le surréalisme dans tout ça, Slibard ?
Z
Moi, je trouve que pendant la "période alimentaire" de Norbert  certains de ses tableaux ont fait un four. <br /> Bien entendu je ne voudrais surtout pas lancer de polémiques et ce fugace et néanmoins judicieux propos n'engage que moi. <br /> Cordialement.<br />  
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L
Merveilleuse biographie excellement documentée. Je salue unanimement votre travail.
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K
sal batar de pute va! jesper ke tu va creuvé com 1 chien! Norbert Chourmier cété tro 1 ange de la pintur, jalou!
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