Gérard Crobard, l’éminent critique cinéphile du Blog de Myblack, présentera cette semaine les 4 films français en compétition au festival de Cannes. Aujourd’hui, il nous propose « Les rocambolesques aventures de Fabien Petulan », d’Yvain Costier.
Les rocambolesques aventures de Fabien Petulan
Enfin ! Les années à baver devant les superproductions hollywoodiennes richement concentrés en super-héros ne seront pas vaines ! S’inspirant des Spiderman, Batman et autres homosexuels refoulés en jupons, le film d’Yvain Costier nous vendait du souffle, de l’épique, des « BOUM », des « PIF» et des « PAF ». Un projet audacieux.
Fabien Petulan travaille à Conforama. Le soir, il élève des escargots en aquarium. Lors des championnats du monde de 400 mètres haies gastéropode, auquel plusieurs de ses poulains participent, il découvre qu’il possède un extraordinaire pouvoir : la faculté de se transformer en hamburger à réchauffer.
D’abord intrigué par ces métamorphoses successives, notre super-héros parvient rapidement à les maîtriser. L’occasion pour Yvain Costier de faire vivre à Fabien Petulan, devenu Hamburger à réchauffer-man, une multitude d’aventures censées être «trépidantes et extravagantes» (d’après la bande-annonce).
Hélas, l’on reste sur sa faim.
En aucun moment le spectateur ne parvient à rentrer dans l’univers si particulier de Hamburger à réchauffer-man. Les scènes s’enchaînent, sans répit, à en friser l’indigestion. Les transformations sont mises à toutes les sauces et Petulan semble éprouver du plaisir à jouer avec nos nerfs, consciemment, abusant de ses nouvelles prérogatives : on recense ainsi 134 transformations en moins d'une heure 30 de film.
Fabien Petulan, avant transformation
Par trop de mimétisme avec ses confrères américains, le film en reprend tous les ingrédients pour, finalement, servir une bouillie qui nous noue l'estomac : les batailles contre Four à micro-ondes-man, l’horrible malfaiteur, n’intéressent que les deux protagonistes. Et l’histoire d’amour, préfabriquée, avec une serveuse de restauration rapide, manque de souffle pour passionner le jeune en mal de sensations fortes. Quant à la réalisation de Costier, saccadée et brouillonne, elle donne envie de vomir.
Au final, sans charisme, sans émotion et sans envergure, Hamburger à réchauffer-man est un héros qui ne mange pas de pain.
Les rocambolesques aventures de Fabien Petulan
D’Yvain Costier
En salle le 8 Septembre