Daniel, la trentaine, est acteur. Il aime l’alcool, les filles faciles, la vitesse. Un peu sur le déclin, vivant sur ses acquis tirés de films à gros budgets, il surfe de fêtes nocturnes en débauches partouzardes. Un jour, se rendant à une réception privée, il se fait contrôler par des agents des forces de l’ordre.
Incroyable Samy Naceri. L’ancien taxidriver, pénétré par son rôle, fait preuve d’une interprétation émouvante. Si la réalisation d’Hector Brukner manque parfois d’esthétique – le film étant réalisé entièrement à base d’images fournies par les caméras de surveillance du péage de l'autoroute A4 -, on reste subjugué devant un réalisme aussi poignant. La performance des policiers est criante de vérité : après une approche basique d'intimidation face à un individu de type basané ("Alors comme ça, on fait le mariole en voitures ? Enfin c'est toujours mieux que de les brûler, pas vrai !"), les deux hommes se rendent compte qu'ils ont à faire à Samy Naceri. S'en suit un "Putain regarde Jéjé, c'est le mec de Taxi 1 !", renforcé par le jeu de l'acteur, cherchant maladroitement dans sa boite à gants un permis qu'il ne détient pas. Quelques commentaires pertinents plus tard ("Vous avez vos papiers, monsieur Roschdy Zem ?", "Vérifie qu'il a pas un mouton dans son coffre, on sait jamais, avec ces gars-là"), l'action, subite et incontrôlable, démarre : Samy Naceri enclenche la troisième, pied au plancher.
Course-poursuite entre un homme poursuivi par ses remords, son passé, et les forces de l'ordre.
Lutte contre le temps qui passe, les affres de la vie et le test d'alcoolémie.
Excès de vitesse supérieure à 50 km/h.
Récidive caractérisée et insulte à agents.
Conduite sans permis.
Dégradation volontaire de matériel d'autoroute.
Délit de fuite.
Et c'est par le fracas du maillet du président du tribunal que se conclut "Refus d'obtempérer", par une peine de neuf mois de prison ferme dont trois avec sursis.
Refus d'obtempérer.
D'Hector Brukner
Avec Samy Naceri