La bourse est formelle : Dieu existe, mais sa valeur est en baisse.
En 2007 le catholicisme a vu son action chuter de 15,3%. La société paye encore la gestion rigoriste de son ancien PDG, inflexible sur de nombreux domaines. Son départ en retraite, le 2 avril 2005, avait un tant laissé envisager une accalmie. Peine perdue : les efforts du nouveau entrepreneur, un octogénaire allemand, n’ont pas convaincu les investisseurs.
Ceux-ci fustigent son antilibéralisme prononcé et plusieurs erreurs stratégiques, tel son discours de septembre 2006 à l’université de Ratisbonne : sa maladroite citation sur l’Islam, tirée d’un empereur byzantin du XIVème siècle, a été jugée « contraire à l’image d’apaisement prônée par la marque ».
A Rome, siège de l’entreprise, le conseil d’administration garde néanmoins confiance en son dirigeant. La conjoncture mondiale favorable et les remous que traverse l’islam, sa principale concurrence sur le marché, pourraient attirer des futurs actionnaires.
L’Islam est en crise, notamment à la Bourse de New York. Depuis le 11 septembre 2001, le krach ne faiblit pas. Les traders regrettent l’image explosive de la société et les conflits salariaux qui l’animent dans le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient. Les conditions de travail imposent une hygiène de vie stricte – bien que le port de la barbe soit encouragé - et le respect total de la charia (le contrat de travail local) dans nombre d’entreprises. Ainsi, les employés risquent le licenciement immédiat s’ils osent le moindre graffiti sur les murs des toilettes, la moindre caricature à la machine à café. Surtout du patron. Ne jamais caricaturez le patron.
La filiale Al-Qaida de la holding tente bien de se délocaliser en Espagne ou en Angleterre, mais ses coups publicitaires restent sans lendemain. La situation reste donc tendue, les entreprises occidentales n’appréciant que modérément les murmures d’OPA lancés par le djihad chiite d’Iran.
Le Judaïsme ne se porte guère mieux. « Epargnez, épargnez », encouragent les banques israéliennes. « Epargnez-nous, épargnez-nous ! », leur répondent les ménages palestiniens. Au pied du mur, l’inflation de la violence n’a jamais été aussi élevée, et l’on cherche vainement une doctrine économique à qui se référer.
Quant à l’Hindouisme polythéiste, elle pâtit de la division de ses chefs et du faible taux de pénétration de ses produits dans les marchés étrangers.
Les cours de la bourse semblent maintenant au point mort et espèrent un signe qui pourrait les réveiller. Un retour de la croissance ou, mieux, une manifestation du Tout-puissant.