C’est dans le cadre bucolique d’un stade non homologué torpillé de trous de taupes et de cadavres de clochards que le Parisil Town FC s’est qualifié pour les 1024ème de finale de la Coupe de France, en venant à bout du Sporting de Morandini.
La rencontre, disputée sous des trombes d’eau à faire passer Noé pour un simple plongeur de snack-bar, n’a finalement duré que vingt-cinq minutes. L’équipe visiteuse, noyée sous le score pétaradant de 8 à 0, a en effet déclaré forfait sans même attendre la mi-temps. Les buts de la rencontre ont été inscrits par Slibard, Raymond Bounaffou, Plagiaire et Michel Sardou, l’Oncle Dick signant un quadruplé sur des feuilles judicieusement laissées à disposition par ses fans.
Les joueurs du Sporting (des journalistes de Direct 8 et des chroniqueurs du Blog de Morandini) se sont révélés incapable de tenir le rythme d’une rencontre maîtrisé de pied de maître par les partenaires de Myblack, le fantasque-tic buteur du Parisil Town FC.
En sang et en larmes, le Sporting a logiquement baissé pavillon pour interrompre l’humiliation.

La défaite du Sporting de Morandini (Pablo Picasso, 1937)
Hélas, et on peut le regretter, certains de ses joueurs n’ont pu supporter l’incontestable branlée. C’est le cas de l’ailier gauche Rodolphe Cruz et du défenseur central Kevin Petitbeurre, qui s’en sont pris violemment à la gardienne du Parisil Town FC, Lulla Paf. Si celle-ci s’est tout d’abord laissée faire, dégrafant son corsage sans la moindre animosité, le reste de l’équipe, défendant son butin - son butin, j'ai écrit, lisez moins vite -, s’est immédiatement plaint à l’arbitre de la rencontre, un expert-comptable du Crédit Agricole.
Raymond Bounaffou, qui ignorait jusque-là la profession de l’arbitre, l’a alors fort logiquement abattu d’un tir cadré en pleine tête.
Mimant la chorégraphie d’Olivia Newton-John dans Grease, Myblack tenta d’ensorceler de ses déhanchés électriques les regrettables racailles : peine perdue. Entourant les convives excités, les joueurs du Parisil Town FC se livrèrent aux incantations contrepètriques : « il faut être peu pour bien dîner, il faut être peu pour bien dîner, il faut être peu pour bien dîner ». Sans succès.
Il fallut l’intervention de la PUTE (Police Ultra Terrifiante d’Efficacité), de service dans le coin, pour congeler le problème.
Au total, à cause des débordements intempestifs post-match du Sporting de Morandini, on dénombre trois vitres cassés, quatre tribunes portées disparues, neuf voitures séquestrées, quatorze insultes raciales, seize lancers de noyaux de pêches, trente-quatre escargots écrasés, cinquante-cinq taupes piétinées et cent douze papiers pyromanes de journalistes sportifs.
Visiblement confus, Jean-Marc Morandini, capitaine du Sporting, a tenté de corrompre le Blog de Myblack pour s’éviter les frais de réparation : « Et si je vous prenais en stage dans mon émission, monsieur Myblack ? Vous verrez, vous apprendrez beaucoup ! » Après six minutes de rires intenses, toute l’équipe du Parisil Town FC lui alors demandé de s’acquitter de la note, soit, d’après ce qui restait de l’expert-comptable du Crédit Agricole, environ 83 670 euros.
Au fil d’ennuyeuses palabres, un arrangement a été trouvé : la vente du Blog de Jean-Marc Morandini au profit de Myblack. Gageons qu’il saura en faire bonne mesure avant la prochaine rencontre de Coupe de France, début octobre, contre le Bayern de Gibourne.