Ca y est, ma recherche de stage dans le journalisme avance : avec ces quatre nouveaux refus supplémentaires, il ne me reste plus que 651 journaux à débaucher.
Des traits dans la liste. La sélection par la rature : le comble, lorsqu’on prétend écrire proprement.
Ma 57ème demande pour bosser à Fluide Glacial vient d’être re-refusée par Thierry Tinlot, le rédacteur en chef. Je n’aurais peut-être pas du écrire dans ma lettre de motivation « je représente incontestablement la dernière chance de sortir votre magazine du trou noir dont vous l’avez garé. »
Les portes battantes se ferment, et m’assènent des crochets du gauche. Fidèle allié d’Internet Explorer, j’entre par les fenêtres ouvertes ; des centaines de cloportes sont déjà là, à gratter aux murs pour percevoir l’ivresse.
Et si je suçais des bites pour réussir ?
Dans le monde fermé du journaliste que je tente non sans mal de pénétrer, les relations habitent dans un meublé. Connaître les puissants, manger à la même table que l’ennemi, se faire exploiter en toute impunité lors de stages totalitaires sont quelques-unes des réjouissances du métier. Entre deux phrases, j'insémine l'adverbe, par pure plaisir de la langue française. Les préliminaires de l'intro, l'orgasme de la conclusion bien sentie - et dieu sait que l'amour, ça pue ; dans la presse, comme dans le sexe, rien ne presse.
Pour éjaculer un article, il ne faut pas avoir peur de s’enfiler les relations textuelles.
Les étudiants en journalisme de l'ESJ Lille, fin prêts pour le stage de mars.
Alors, le journalisme, un vulgaire baisodrome ? Le spécialiste des relations interhumaines du Blog de Myblack, alias Jean-Michel Lapoisse, a enquêté sur le sujet.
Plusieurs conclusions ressortent :
1) Il est difficile d’arriver à jouir du moindre succès sans relations.
2) Même pour bosser sur le web, un réseau de contacts est indispensable.
3) Il faut surfer sur ce réseau, et si possible avec l’ADSL.
4) Le milieu est remplis d’enculés ; hélas, les extrémités aussi.
5) Comme au poker, il faut savoir se coucher pour réussir dans le journalisme
Patatras : depuis mon expérience avec Guy Birenbaum, je refuse la promotion canapé. Dire que le galopin m’avait promis une publicité tapageuse sur le Post.Fr – enfin il me semble…. On dit parfois de ses trucs au moment de l’orgasme… Et s’il m’avait aussi fait avalé cette promesse ? Le goût de la rancœur s’ajoute au sien ; je le voulais, maintenant je lui en veux.
Sur le corps d’albâtre des journalistes qui font et défont le monde, le parfum d’ylang-ylang a dorénavant le goût du bling-bling. Je suis passé de dessus à déçu. L’écharpe blanchâtre de Christophe Barbier, filant au vent comme un spermatozoïde à la recherche de l’ovule du scoop, ne suscite plus en moi que l’indifférence.
Même les spermatozoïdes de Jean-Michel Apathie, filant au vent comme une écharpe à la recherche de l’ovule du portemanteau, ne s’agitent plus qu’en valses viennoises au tempo flagada. Les spermatozoïdes de Jean-Michel Apathie ovule de travers, et moi, j’ai besoin de sortir cette écharpe que j’ai dans le pied.
Quelqu’un à une pince à épiler, que je lui envoie mon CV ?