Un blog culte dans mon appartement
Je m’épanche assez peu sur ma vie privée.
A vrai dire, hormis quelques rares lectrices qui se reconnaîtra, la planète entière ignore tout de ma vie privée.
Bon, Paris Match a bien titré le mois dernier « Myblack et l’âne rayé du zoo de Francfort : la love story », mais cette sordide histoire de zèbre travesti n’a pas envahi nos frontières. Je reste donc vierge de toute indiscrétion française, si ce n’est cette légère, aussi légère que la mousse albuginée des liégeois, légère rumeur d’accouchement. Infondée. Je rassure mes admirateurs : je n’ai pas d’enfants. Des enfants… lol… Pour quoi faire, de toute manière ? Il me reste six boîtes de pommes de terre noisette au congélateur.
On a aussi chuchoté que, les week-ends, j’errais en Haute-Savoie en taguant sur les mairies locales des refrains de Steve Estatoff en braille. C’est faux. Je suis béotien en Steve Estatoff. Je me revois encore, invité dans l’émission C’est pas Sorcier :
- Et donc, Fred, tu confirmes que l’oxygène est constitué de 40% d’azote, de 55% de souffre et de 15% de cachous Lajaunie ?
- Oui, Jamy, et les marées sont provoquées par l’alignement de la lune par rapport à l’appartement de Jack Lang.
- Ah, c’est donc de là d’où vient le mot Brouette, alors.
- Ah, je ne sais pas, je suis béotien en Steve Estatoff
S’il y a une chose que je sais, par contre, et j’en profite par la même pour répondre aux ragots des torchons du groupe Prisma presse, c’est que je n’ai jamais couché avec Cindy Sanders.
Oui, circule sur le web une photo où j’embrasse ses pieds. Affabulation. Inviter cette pauvre demeurée – c’est le terme le plus affectueux que je puisse donner à ce bulbe rose – devant des millions de spectateurs assoiffés d’inhumanités, de moqueries et de railleries, soit, mais dormir avec elle, non.
Je n’ai jamais vu Cindy Sanders nue, Cindy Sander à poil, Cindy Sander photo érotique sexe porno bite couille testicules sperme cheval sodomie caca Eric Collado autofellation et toutes autres inventions de journalistes sur le déclin en quête de buzz pour glaner de l’argent.
Plus rien ne sera jamais comme avant
En regardant Cindy Sander sur M6, nous venons d'assister, à mon humble avis d'analyste de pacotille, à un tournant de l'histoire de la télévision, du moins un tournant de l'histoire des relations entre le web et la télé. C'est en effet la première fois qu'internet impose l'un de ses choix au petit écran avec autant de véhémence, sortant de son oubliette une Kitch Lorraine transformée en buzz.
Avant Sander, le web reprenait des morceaux de télé pour se les approprier, les déformer, pour se faire plaisir.
Après Sander, la télé va devoir prendre conscience du poids du web, en s'appropriant ses codes, ses idoles, ses pulsions du moment, pour se faire du blé.
Il ne s'agit pas là de proclamer la supériorité de l'un sur l'autre ; simplement de constater le lien désormais crée par l'entremise de Cindy Sander.
Le Loft annonçait l'émergence de la Télé-Réalité, Cindy Sander celle de la Télé-irréalité.
Comme il y a eu un avant et un après mur de Berlin, il y aura un avant et un après Cindy Sander. Un mur de la connerie et du pathétisme de Berlin franchi, mais également une évolution :
Avant Cindy Sander, la théorie de l'évolution se présentait ainsi : Singe => australopithèque => homo sapiens
Après Cindy Sander, elle se présente comme ça : Guenon => australopithèque => Cindy Sander => homo sapiens
Je suis tellement sous le choc que si l'on me disait que si la roue avait été découverte par Cindy Sander, je le croirais.
Non, moi, ma vie privée est simple : elle se passe les week-ends.
La semaine, je n’ai pas le temps d’avoir une vie privée : je m’en prive pour alimenter ce blog, m’alimenter, regarder la Ligue des Champions en streaming.
Par contre, le week-end, j’explose.
Je parapente.
J’inonde.
J’ai pleinement conscience de l’halo de lumière opaque entourant ma vie et de l’attrait qu’il suscite en vous, lecteurs.
Exclusivement, je lève les voiles.
Je vous invite à partager un samedi avec moi, un presque week-end en amoureux. Filmé par une équipe de France 3 Auvergne, je vous invite à partager les trépidantes tribulations de mon génie imprévisible.
Etant étudiant en journaliste, je tiens néanmoins à préciser que je suis parfois contraint, le week-end, de partir en reportage sur les monts de l’Atlas ou en haut des gratte-ciels ; ainsi va l’existence mouvementée d’un Tintin du web.
Etant célibataire, il m’arrive également de profiter de mon week-end pour rencontrer des célibatrices prêtes à toutes les déviances pour coucher avec moi.
Tant pis : ma nature n'est pas sujette aux cachoteries.
Partageons ce rêve ensemble, quitte à lui faire perdre de sa magie.