Un blog culte dans mon appartement
« Ceux qui m’aiment prendront le train », disait Cédric Klapisch. Putain, si seulement tous ceux qui me détestent pouvaient ne pas prendre le mien, je transpirerais beaucoup moins dans les wagons. Même les juifs qui roulaient vers les fours crématoires d’Auschwitz avaient moins chaud.
Est-ce la peur d’être visité par les hommes à képis, moi qui ne révise jamais suffisamment pour réussir le contrôle des billets ? Ou bien les épaules dénudées des passagères qui attisent ma sueur ? Et ma sueur ? Elle bat le beurre, et je crains qu’il ne tourne.
Les occupantes du train sont loin d’être aussi réservées que les places qu’elles occupent : à chaque fois que je dévisage discrètement leurs visages pendant dix à quinze minutes, elles ne peuvent s’empêcher d’accoupler leurs yeux avec les miens. Mais le plus embarrassant dans tout ça, ce sont les compartiments à 8 voyageurs où le moindre pet prend des résonnances de fanfare. Huit corps humains sillonnés de gouttelettes et transpirant le malaise lorsqu’un des passagers déclare « ça dérange quelqu’un si j’enlève également mes chaussettes ? » Tout ceci est fort gênant, convenons-en.
D’ailleurs, j’en profite pour passer un message : la personne qui aurait retrouvé mon slip dans le train Corail 3303 du 13 juillet dernier est priée de me le rapporter au plus vite ; j’y avais laissé ma carte 26-59 ans et le contrôleur arrive.