Un blog culte dans mon appartement
Hey ! Enfin. Retour au bercail. Ce matin, en ouvrant les volets, la fenêtre m'a souri. Je me suis roulé dans les draps, embrassant les effluves d'euphories. Mon lit a couiné, de plaisir. Cette satanée imprimante, hiéroglyphe à encre, m'a imprimé "Je t'aime" en lettres capitales. La lampe de chevet, à force de trop marcher, a attrapé une ampoule : je lui ai changé, et la complice m'a illuminé de tout son bonheur. Le frigo chantait, nous étions enfin amants, comme avant : j'ai même pris de la salade, pour le remercier.
Merci à vous, aussi. Cette mort temporaire d'un mois n'a pas été de tout repos, contrairement à ce que l'on pourrait croire. En insultant, en rejetant aussi violemment ce gredin de Whitman, vous avez fait preuve de loyauté à mon égard. Vous avez permis sa chute, son déclin, l'ingérence de mon camarade Bounaffou, qui s'est senti obligé d'intervenir. Sans vous, je serais encore au rayon "cosmétique" de Monoprix, cherchant sans la moindre illusion une chance de m'en sortir. Sans vous, qui sait si je n'aurais pas voté Besancenot, par dépit, pour en finir définitivement ? Merci à Ink, merci à Leoetpris, merci à Lulla Paf, à Kolia, merci, merci à tout le monde !
A tout le monde sauf à Nico, dont le "Je serais bien allé cracher sur sa tombe, mais meme la fosse commune est trop bonne pour lui" m'a profondément déçu. Un commentaire acerbe, le jour de mon enterrement apocryphe en plus...La solidarité a ses limites, surtout pour Nico. Enfin merci à tous les autres !
A tout les autres sauf à L'oncle Dick, qui s'était permis un "je n'irais surement pas danser sur la tombe de Myblack car j'ai horreur de faire la queue" de très mauvais goût. L'homme-prune du Blog de Raymond Bounaffou a, peut-être par esprit rieur, dépassé les bornes. Son impertinence m'a fait mal, a brisé mon coeur encore fragile. Mais encore bravo aux restes des lecteurs !
Aux restes des lecteurs, en enlevant ce traître de Razkan, dont le "Je ne le regretterais pas" n'est absolument pas passé. Compagnon d'enfance, complice de repas de famille interminable, je l'imaginais partisan jusqu'à la mort. Cruelle erreur, une nouvelle fois. La félonie n'a pas de frontière, hélas. Heureusement, au coin du feu, les fidèles étaient là, au poste. Les fidèles étaient là, hormis Banjo, qui avait déclaré ce même jour : "Vous pouvez crever la gueule ouverte. Mais non je déconne, fermez là si vous voulez.". Déception immense provenant d'un homme ô combien respectable, dessinateur forcené et patenté ; par chance, le soutien d'irréductibles admirateurs abaissent ma rancoeur. Irréductible admirateur que n'était pas Coy, vu son "quel plaisir de rever de ta mort de temps a autres" vraiment surprenant venant d'un lecteur qui avait pu aller à Francfort grâce à un de mes concours. Amertume ? Jalousie ? L'ancien vassal a pris son indépendance. Heureusement qu'il me reste le dévoué Jean-Claude Darcheville, celui qui est là depuis le début, le soutien numismate. Enfin dévoué est un bien grand mot puisque le retournage de veste s'est fait sentir, au détour d'un ".Oui vénérable Monsieur Whitman vous avez tout à fait raison". Que c'est-il donc passé dans la tête de Jean-Claude Darcheville ? Glissade dans la baignoire ? Problème de tuyauterie ? Volonté d'indépendance humoristique ? Qu'ai-je donc fait pour qu'il m'abandonne ainsi, pour le premier chauve moustachu venu ? Ne pouvait-il pas résister fièrement, comme les passants fraîchement arrivés sur ces terres ? Passants récemment arrivés, comme l'est Jean Roucas, auteur d'un surprenant "Bonne chance docteur Whitman" un peu trop complaisant à mon goût. Sans doute espérait-il un pot de vin de Whitman, une caresse ou autre pour asséner de telles absurdités : la nature humaine est prêt à tout pour assouvir ses fins. La prostitution intellectuelle en fait partie. Heureusement qu'il me reste Flo, dont l'humour absurde ravive mon sourire. Hélas, on n'est à l'abri de rien, étant donné ce "cependant laissons le temps au professeur Whitman dans la dure tache de reprise de ce blog qui est la sienne" fort suspicieux de sa part. Dommage, je le voyais comme un doigt de ma main, il s'est comporté comme une rognure d'ongle, sur ce coup-là. Ce militant de Raymond Bounaffou a rejoint le camp d'en face... Le premier ministre du Mouvement, Kolia, appréciera... Il appréciera d'autant plus que lui aussi a changé d'âne. "J'espère que Whitman nous écrira de temps à autres de prison.", a-t-il écrit, récemment. Etrange. Sont-ils proches, ces deux-là ? A-t-il une quelconque relation avec mon décès ? Et si... Et si Kolia était chauve, lui aussi ? Vous avez du po que j'sois pas rancunier, tiens.