Un blog culte dans mon appartement
On se serait cru revenu en plein Far West, hier soir, quand des hommes cagoulés se sont attaqués à un train postal transportant un demi-milliers de parrainages d'élus. Armés de révolvers en savon, chevauchant des ânes, ils ont réussi à voler les bulletins puis à repartir, sans tuer personne. Le train contenait exactement 478 signatures, appartenant toutes à Olivier Besancenot.
Le conducteur de l'appareil est encore sous le choc : "j'écoutais tranquillement RFM en manoeuvrant mon engin impétueux quand, lâchant brusquement cet instrument de navigation, j'ai vu surgir dans un nuage de poussière des hommes montés sur des ânes, des slips sur la tête. J'ai instantanément refermé ma braguette."
Les chenapans, organisés en formation de tortue romaine, ont obligé le train à s'arrêter. Après avoir détruit les vitres à l'aide de graines de tournesol, ils ont fait sortir les voyageurs en rang d'oignons. Olivier Besancenot, dans un moment d'héroïsme bolivaresque, a tenté d'agir. Peine perdue : l'un des gangsters, incroyablement musclé, l'a jeté dans l'herbe mouillé sans ménagement.
"Ils s'en sont immédiatement pris aux voyageurs chauves, ainsi qu'aux moustachus, puis aux profs de mathématiques. Brimades, gili-gilis sur le ventre, croche-pattes : la terreur régnait. J'avoue ne plus avoir de nouvelle de mon collègue de cabine, un prof de mathématiques chauve et moustachu", raconte Marguerite, une vache normande qui rentrait de vacances à Paris.
"J'ignore pourquoi ils portaient ces slips sur la tête. Pour ce donner un genre intriguant, sans doute, poursuit l'un des passagers. L'un d'entre-eux avait même un rembourrage pour les fesses intégré. Je n'oublierais jamais son visage. Ces traces de pneus sur... Mon dieu... Je... Non, laissez-moi, laissez-moi, c'en est trop, laissez-moi ! Laissez-moi !", conclut-il, en se jetant d'une falaise.
"Au début, j'ai cru à une plaisanterie", explique François Feldman, ancien chanteur des 80's. "C'est seulement quand j'ai vu qu'ils connaissaient par coeur mes chansons que j'ai commencé à vraiment paniquer."
Parti de Paris le 15 mars à 21 heures 04, à destination de Béziers, pour une arrivée prévue vers minuit 36, en sachant que ce train roulait à 130 km/h avec quatre arrêts, dont un à Angers, que la fille du chef de gare est inscrite en école de commerce et que, dans le wagon, figuraient des catcheurs mexicains, calculez à quelle heure a été commis le méfait ?
"Ahh mon dieu, c'était affreux ! Ces quatre hommes velus, coiffés de sous-vêtement vaguement propres, tout le train a été traumatisé", s'émeut Stéphanie Algue, garagiste à Marmande."On aurait dit... des numismates."
Plusieurs témoins affirment en effet que les voyous ressemblaient à des numismates. Faciès irréguliers, vêtement déformés, obsession sexuelle latente : toutes les caractéristiques de l'ethnie numismate leur correspondaient.
"Cela m'étonne", déclare Raymond Bounaffou, président du Mouvement Neutre et numismate mondialement connu. "En effet, je ne nie pas que la plupart des membres de mon parti, à 95% numismates, sont des obsédés, mais il s'agit d'un raccourci un peu trop facile. Sachez que je condamne cet acte criminel, même si malheureusement les brigands se sont déjà enfuis", rajoute-t-il.
La police a déjà placardé cette affiche, à l'effigie du leader du gang. Un terroriste à l'allure svelte, charismatique et utilisant du P'ti Dop à la vanille. Mise à prix : 5000 $. Alors, qui sont réellement ces hommes, bravant le danger pour de simples papiers ? Coup de pub ? Gage de fondu savoyarde ? Nous ne le saurons probablement jamais.