Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un blog culte dans mon appartement

Publicité

L'enfer, c'est pas forcément chez les autres



Hier, le concierge a frappé à la porte.
Enfin disons qu’il a d’abord sonné à la porte, puis il a frappé.
Il se trouve que j’étais sa cible. Myblack n’avait pas payé son loyer depuis quatre mois, et ça l’irritait. Je lui ai gentiment expliqué que je n’étais pas le propriétaire, mais seulement un stagiaire temporaire. « Pas grave, donnez moi de l’argent, on aura qu’à dire aussi que c’est temporaire », qu’il m’a proposé, la tête dans le congel.
Je n’avais jamais remarqué à quel point il est difficile de se défendre, la bouche pleine de glaçons.
 
Depuis quelques semaines, enfin depuis le début du stage, je reçois des appels étranges. Un type m’appelle pour me raconter des histoires dont la chute se termine, invariablement, par « cassoulet. » Qu’il évoque le vainqueur d’une élection africaine, un terrible secret partagé par plusieurs générations dans une famille aristocrate ou le nom du champion du monde de F1 au prix d’insipides palabres, il conclue par « cassoulet ». Impossible de raccrocher, il me rappelle pour finir, et la sonnerie du téléphone est presque plus dérangeante que l’appel lui-même.
De plus, il a une voix de chiotte et se perd en digressions insupportables qui rendent le récit totalement anxiogène.
Comment Myblack peut-il supporter ça ?
 
Hier, toujours, Raymond Bounaffou est venu chez moi.
Il avait oublié un savane marbré goût choco dans le lecteur CD de mon ordinateur.
« Hola, jeune numismate ! Comment allez-vous, yau de poêle ? », qu’il a lancé d’emblée en jetant trois sachets de nouilles sur le lit. « Ca te dérange si je m’assois là ? », enchaîna-t-il, me montrant une bouteille d’Oasis dont il venait d’épingler un autocollant représentant Jacques Offenbach faisant un crawl. Je ne savais quoi répondre, surtout qu’il se levait toutes les minutes pour repeindre les volets du voisin. C’est un ami de Myblack, apparemment, d’après ses dires. Enfin j’ai tendance à me méfier de ses propos : il m’a aussi affirmé qu’il avait vaincu les wisigoths en 1852 à Cherbourg en compagnie de Chantal Lauby et de deux membres de la compagnie créole.
Je sens qu’il bluff.
Il me rend fou.
Ca m’énerve.
Je craque, il vient chez moi plusieurs fois par semaine, après ses séances de l’Assemblée.
 
Il a les doubles des clés, et me prend en traître. Parfois, je somnole et l’écoute gueuler « Hey ! George-Alain ! T’as déjà vu le maire de Chambéry qui mange un sveltesse ? », ce genre de truc. Je vais le tuer, bientôt. L’un de nous ne passera pas l’hiver, c’est certain.
 
Lui ou Gérard Crobard, en tout cas. Je déteste ce mec. Au début on s’aimait bien, on était proche, entre copain. Mais il est louche. Trop louche. Il est carrément cuillère, même.
Il traîne avec n’importe qui, n’importe quoi. Il pense avec sa bite, et ça mène rarement bien loin – enfin ça dépend des bites. 
Comment ça s’appelle, les personnes qui couchent avec des meubles ?
Il rentre à pas d’heures et se met à chanter juste pour me faire chier. Je le revois l’autre soir, sa guitare à la main, brayant « Je tâte André le jour et la nuit ». Un calvaire. Il me prend pour son jouet, sa marionnette, dont il tire les ficelles. Enfin... Si encore il tirait que les ficelles, passe encore, mais... Il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Jamais rassasié, il ronge tout ce qui passe. Tout ce qui dépasse. Dérange tout ce qui passe. Un nymphomane de l'emmerdement, voilà sa définition.
En plus il est raciste. Il pue du bec.
« La nuit, tous les arabes sont gris », il me répète, en bouffant ses raviol’.
Je l’envoie chier, l’insulte, il s’en fout. « Je t’emmerde, Gérard, je t’emmerde ! Je t’encule ! », je fais, et il s’en fout, il répond simplement « Tu feras la queue, comme tout le monde. »
Me reste encore vingt jours de stage.
Eddy Seigneur, priez pour moi.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
George Alain Moustiquaire, vous avez des neuronnes très sexy ! Ah ! l'alégresse me transporte et la ratp n'y est pour rien .
Répondre
D
Vous m'avez compris ... Le Gérard bande mou-stiquaire
Répondre
L
Moi aussi, je moille
Répondre
D
GAM, êtes-vous libre ce soir ? Je moille juste en vous lisant ...
Répondre
H
Oui surtout lorsque vous etes en TGV. Vous devenez le bon bout en train.
Répondre